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Gaston Guilbert, pionnier du cinéma tahitien

Né à Tahiti, Gaston Guilbert voyage beaucoup durant sa jeunesse en Europe et aux Etats-Unis. De retour à Tahiti, il ouvre l’Oceanic Garage à côté de la cathédrale de Papeete, importe des voitures américaines et se passionne pour les techniques cinématographiques et phonographiques. Il achète alors caméras, moviola, tireuse optique et fonde Tahiti Films, l’une des premières sociétés de production cinématographique de Tahiti dont il signe les films durant une vingtaine d’années.

Il n’existe aucune liste exhaustive des courts métrages de Guilbert, et les films sauvés par l’ICA n’étaient pas tous en très bon état. Il s’agissait souvent de copies (réalisées par Guilbert lui-même) pas toujours complètes, de montages inachevés avec ou sans son. En plus du travail de numérisation des vieux films, l’ICA a dû reconstituer un certain nombre de ces films, les remonter et les sonoriser lorsqu’une partie de la bande son optique était manquante.

Egalement à l’origine du premier studio d’enregistrement de Tahiti, Gaston Guilbert a créé le label Tiare Tahiti Records. Dès lors, Guilbert combine enregistrements sonores et tournage. Il crée une mini série : les tahitian melodies.

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L’un des films les plus anciens que nous ayons retrouvé est « Tara an everyday-Venture ». Tara personnage attachant mais un peu filou, nous promène dans le Tahiti d’autrefois à la recherche de la pitance familiale. Tara, sans un dollar en poche pratique le troc avec brio. La date de ce métrage est inconnue, seule indication, sur l’amorce était inscrit la date 1944. Muet, ce film fut mis en musique a posteriori par Guilbert.

Drums of Bora Bora

En 1956, Tiare Tahiti records enregistre le microsillon intitulé « The drums of Bora Bora». Guilbert réalise alors un scopitone de ces fameux percussionnistes. Deux morceaux sont mis en images : « Pate matai » et « Tapu ».

Moorea en scooter

Ce film noir et blanc de Gaston Guilbert est une historiette scénarisée nous promenant dans le Moorea des années 50. Le personnage principal n’est autre que le peintre Marcel Marius.

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South sea Magic & Happy islanders

South Sea Magic est une joyeuse fantaisie tournée à Maupiti au début des années 50, sorte de comédie musicale polynésienne. On y retrouve la danseuse Germaine, célèbre danseuse de l’époque. Suit, un autre court métrage dans la même veine : Happy islanders, avec pour meneur de revue Matahi. Les bandes son originales ayant été endommagées, ces deux extraits ont été sonorisés avec des titres issus du catalogue Tiare Tahiti Records.

Moemoea

Moemaea est un scopitone ayant pour interprètes : Maohano et Matahi, tous deux familiers des tournages de Guilbert. Matahi avait joué quelques années plutôt l’un des rôles principaux du film Tabu réalisé par Murnau et Flaherty. Plus tard, il jouera le rôle du chef Hitihiti dans le film de Lewis Milestone « Les Révoltés du Bounty ». Il s’agit de l’un des rares films en son synchrone de Gaston Guilbert. La morale de l’histoire : on ne doit pas sortir avec la fille du chef !

marcel_mariusLe peintre et son modèle

« Le peintre et son modèle » était sans doute osé pour l’époque, aujourd’hui le propos de ce court métrage paraît bien sage. On retrouve le peintre Marcel Marius, pinceau à la main pour croquer une jeunesse peu farouche.

Lac Temae & Sœurs Rey sur le lagon

Thématique récurrente des films de Guilbert : les promenades en pirogue, le romantisme polynésien à l’état pur. Promenons-nous donc sur le lac Temae au milieu des nénuphars, puis visitons le lagon avec de charmantes vahinés.

Happy return

Passionné d’images, Guilbert ne tournait pas que des fictions documentaires et des scopitones. Il s’intéressait à tous ce qui l’entourait : des courses de pirogues au petit rien de la vie de tous les jours. Lorsque la goélette « Happy return » s’échoue sur le récif, le voilà caméra au poing sur l’événement.

Hi-Ho cowboys

Le film qui suit est une fantaisie aux accents de western moderne, chapeaux de cow-boys, voiture américaine, girls et alcools, tous les ingrédients sont réunis pour filmer cette bringue champêtre. Avec Jean Tracqui et Marcel Marius.

Tahiti in blossom & Te vahine Tahiti

Grand séducteur devant l’éternel, Gaston Guilbert réalisa deux courts métrages mêlant portraits de jeunes femmes et fleurs du pays : « Tahiti in blossom » et « Te vahine Tahiti ». Ces films nous sont parvenus incomplets.

Pêche au ora

Autre sujet de prédilection de Gaston Guilbert, la pêche.

La pêche au ora est une pêche au poison.

serenade_a_maupiti_logotyp_Pêche aux varos, Maupiti & Bounty 1961

Nombreux sont les films réalisés par Gaston Guilbert qui ont disparu aujourd’hui. Certaines séquences d’images sont orphelines, extraites de bobines qui n’avaient jamais été montées, restées pendant des dizaines d’années dans leur boîte en carton. Le premier de ces documents est consacré à la pêche aux varos à la presqu’île de Tahiti. Le second nous emmènera à Maupiti pour une ballade avec Maohano. Enfin, nous visionnerons des images de la Bounty rentrant dans le port de Papeete au début des années 60.

Donation Florida Guilbert. Fonds Guilbert - Collection ICA.