Réalisé en 1990 par Axel T. Lichtlé, ce court vidéogramme nous conte la préparation du ma, une coutume encore bien vivante sur l'île de Fatu Hiva.

En 1997, j'ai réutilisé les rushes de ce tournage pour le documentaire "Henua Enana". Voici un extrait du commentaire: "Les Hommes ont oublié son origine. Les anciens vous disent qu'ils l'ont appris de leurs parents qui eux mêmes le savaient des leurs.

Pour disposer de nourriture tout au long de l'année, les habitants des vallées marquisiennes fabriquaient une pâte fermentée à partir du fruit de l’arbre à pain (mei) ayant une longue conservation. Au début de l'année, lors de la grande récolte des mei, toute la communauté se rassemble. Les mei sont cueillis à l'aide de filets emmanchés un peu avant leur pleine maturité. On active leur mûrissement en les perçant et en y versant un peu d'eau de mer.  Ils passeront la nuit ainsi sous des branchages et des feuilles de bananiers. Le lendemain, les femmes épluchent ces fruits à l'aide de ii, un pèle fruit en coquillage. Les hommes de leur côté, construisent un silo aux armatures de bois et tapissé de feuilles de bananier. C'est dans ce dernier, qu'un homme seul, choisi par la communauté, aura l'insigne honneur d'écraser les mei afin de les réduire en une pâte compacte.

Cette pâte reposera et séchera pendant 2 semaines dans le silo. La perméabilité du silo permettant l'écoulement de l'humidité contenu dans le ma frais. Par un long processus de fermentation le mei devient ma et peut se conserver plusieurs années. Le ma ayant perdu son humidité, un trou est creusé à même le sol. Tapissé de feuilles de ti tressées, il devient parfaitement hermétique. La pâte y est déposée, puis on la recouvre également de feuilles, elles même couvertes de pierres volcaniques. Régulièrement le trou est ouvert, et chaque famille peut venir s'approvisionner en ma. Alors que le ma frais est donné aux jeunes enfants, à la longue, il devient brun, dur et fort en goût. On ne peut le consommer pur. Il est alors pétri, enveloppé dans des feuilles et bouilli. On le mélange alors avec des mei frais rôtis. Cette purée que les anciens consommaient quotidiennement porte le nom de popoi mei."