Gilles_Artur_et_les_Big_

Cinematamua rend hommage à Gilles Artur, connu du grand public comme ayant été pendant plus de 30 années le conservateur du Musée Gauguin de Papeari. En 1953, jeune journaliste en Nouvelle Calédonie, Gilles Artur se rend sur l’île de Mallicolo aux Nouvelles-Hébrides avec le peintre Michel Lablais. Bloqués sur les hauts plateaux pour cause de guerre tribale, les deux hommes restent deux longs mois dans le village de Amok. Equipés d’une caméra Pathé-Webo 16mm, ils filment la vie des « Big-nambas », assistent aux cérémonies traditionnelles de Namaki, à la construction des huttes, à la naissance des enfants, à la vie simple d’une peuplade bien peu touchée par la civilisation occidentale. Les villageois mâles portent un étui pénien en fibre de pandanus tressé et teint, accroché à une ceinture en écorce de cocotier. La dimension inaccoutumée de cet étui est à l’origine du nom de cette population « Big-nambas ». Dans ce film on découvre la fabrication des nattes et coiffures de pandanus pour les femmes, la construction de la toiture d’un namel, la fabrication des teintures, la cueillette, la préparation d’un lap-lap (repas), la consommation du kawa et de nombreuses cérémonies et danses coutumières. De ces images, il naîtra en 1954 un film « Les hommes d’Amok » signé par Gilles Artur, Michel Lablais & Frédéric Drilhon.

26 années plus tard, Gilles Artur retourne aux Nouvelles Hébrides devenues Vanuatu, chez les « Big-nambas » avec une équipe australienne : David Knaus (caméra), Annie Cocksedge (son). Ils réaliseront avec le monteur Stephen Burstow « Namaki », film distribué à l’époque par l’Australian Film & TV School. Ce film nous montre le retour de Gilles Artur dans cette tribu, 26 ans après son premier séjour. Que sont-ils devenus ? Gilles Artur assiste de nouveau aux cérémonies du Namaki, qui vont durer 4 jours. Les enfants sont devenus grands, le chef Nissaï est mort, l’un de ses 30 fils est devenu Chef…