tabu

"Tabu" est le fruit d'une collaboration entre le documentariste Robert Flaherty et le metteur en scène Friedrich W. Murnau. Leurs conceptions étaient diamétralement opposées. Robert Flaherty qui avait pris le temps de découvrir l'île et de rencontrer ses habitants avait écrit un scénario à la gloire de la vie traditionnelle, tout en dénonçant la corruption apportée par la civilisation. Murnau, lui, voulait se servir de la beauté de l'île et des indigènes comme d'un décor exotique pour raconter une histoire romanesque. Murnau, qui était aussi le producteur du film, put imposer son point de vue et Flaherty refusa d'être crédité comme réalisateur.

L'île de Bora-Bora, aux Iles Sous-le-Vent est un peu le paradis sur terre. La nature y est généreuse et ses habitants y vivent heureux et insouciants. Reri et Matahi s'aiment. Un jour, le vieux Hitu, apportent un message, Reri a été choisie par le chef de Fanuma pour devenir la nouvelle vierge sacrée. Dès lors, Reri est tabu. « Aucune loi des dieux n’est plus sacrée que celle qui protège l’élue. Aucun homme ne peut la toucher ou la désirer du regard pour son honneur et celui de son peuple. Alors que le village se réjouit de cet honneur, les amants sont désespérés. Matahi et Reri décident de s’enfuir…

Il aura fallu à l’ICA plus de 3 ans pour obtenir les droits d’édition du film. L’aventure commence en 2003, lorsque Eric Bourgeois, directeur de l’ICA achète sur Internet la version américaine du film en DVD. Le film vient d’être restauré par UCLA Film and Television Archives. Rapidement, l’ICA prend contact avec l’éditeur « Milestone Film & Video »et lui demande l’acquisition des droits pour la Polynésie française. Mais UCLA ne possède les droits que pour les USA, il convient donc de prendre contact avec les ayant droits. Après de nombreux échanges de courriels avec Dennis Doros de Milestone, Marc E. Louvat, responsable des fonds audiovisuels au sein de l’ICA, obtient l’adresse de Eva Diekmann et Ursula Plumpe, les nièces du réalisateur producteur. Il leur écrit et demande les droits d’exploitation DVD de l’œuvre de leur grand oncle. Pas de réponse. Quelques semaines passent et l’ICA reçoit une lettre de Eva Diekmann postée de Esslingen-Zell en Allemagne. Elle écrit d’une main tremblante de prendre contact avec son avoué, Wolfgang Moehlenbrink. Ce dernier s’occupe des affaires de la famille, et notamment de la succession de Murnau. Dès lors, l’ICA pense avoir trouvé le bon interlocuteur. En fait, il n’en est rien, tous les films de Murnau sont bloqués. Afin de protéger ce patrimoine, les descendants du réalisateur allemand ont décidé de créer la Fondation F.W. Murnau à Munich. Celle-ci fait appel à un distributeur qui gère les droits audiovisuels des œuvres cinématographiques. Il faut encore attendre presque une année. Enfin, la fondation nous donne son accord et les premiers contacts sont pris avec Transit Films, qui cède à l’ICA pour 5 ans les droits d’édition DVD du film.

Le film est remonté par l’ICA qui change tous les cartons originalement en langue anglaise par des cartons en reo tahiti. L’adaptation en tahitien est réalisée par Guillaume Taimana du Service de la traduction et de l’interprétariat.

Des sous-titrages en français et anglais sont également disponibles.