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Cinematamua, cinéma et télévision des îles de Polynésie. L'histoire de Tahiti à travers les films. Archives de Polynésie française.

12 septembre 2007

Présence protestante - Hommage à Henri Vernier - Cinematamua 38

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Il y a trois ans, l’Eglise protestante maohi confiait à l’ICA près de 600 documents audiovisuels en plus ou moins bon état (films 16mm et bande 6.35 audio), des émissions de télévision et des émissions radiophoniques. Dans quelques jours, 300 autres bandes audio rejoindront ce fonds déjà important.

Le premier travail de l’institut fut d’inventorier ces documents, de les trier et de les classer. Cette phase achevée, l’institut est actuellement en train de numériser les films 16mm et de les synchroniser avec leur bande son.

Ce fonds d’archives retrace l’histoire de l’Eglise évangélique de Polynésie (son ancienne appellation) depuis 1963 (avec l’enregistrement audio du culte célébrant l’autonomie de l’Eglise par les pasteurs Samuel Raapoto et Marc Boegner). Cette collection de documents est principalement composée des émissions « Présence protestante » (télévision et radio) tournées localement de 1974 à 1986 (la fin de l’utilisation du film pour les tournages).

Cinematamua et l’Eglise protestante maohi ont choisi de présenter quelques films extraits de ce fonds en rendant hommage au Pasteur Henri Vernier à travers plusieurs émissions qu’il tourna entre 1977 et 1986 date de son départ pour la France. Ces reportages nous ferons redécouvrir le merveilleux conteur qu’était Vernier et nous emmènerons sur la tombe de Henry Nott à Papetoai sur l’île de Moorea, sur le marae Taputapuatea à Opoa sur l’île de Raiatea, à Hiva Oa aux Marquises et à Rapa aux Australes. Nous retrouverons à ses côtés plusieurs animateurs de l’émission « Présence protestante » : Antonio Temaurioraa, Albert Schneider, André Joly et Roland Feit. Petit fils du pasteur Frédéric Vernier arrivé en Polynésie en 1867, Henri Vernier est né à Papeete en 1913. Il grandit à Raiatea, puis part faire ses études en France où il est fait prisonnier lors de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui fait découvrir sa vocation. Pasteur en Nouvelle-Calédonie, puis à Tahiti, il a servi l'Eglise évangélique en tant qu'administrateur et professeur à l'Ecole pastorale d' Hermon. Pédagogue et écrivain, il publie aux éditions Olivétan, une Histoire de la présence des églises évangéliques à Tahiti et en Polynésie française depuis 1797, intitulée "Aux Vents des Cyclones" (1986). Henri Vernier s’est éteint en France le 29 août 1999, à l'âge de 86 ans.

Pour regarder les films: http://www.ica.pf/articles.php?id=718

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Tanga Tika - Cinematamua 36

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Le film « Tanga Tika »  n’a été diffusé qu’une seule fois à Tahiti en 1971 lors d’une projection au Concorde faite au bénéfice du Groupement de solidarité des femmes. Depuis, le film avait disparu, jusqu’à ce que Alex W. Duprel (Tahiti Pacifique Magazine) « n’hérite » à la mort du réalisateur Dwight Long d’une caisse de photographies, de documents ayant trait au tournage et d’une copie du long métrage. Il remet à l’ICA une copie du film et obtient des ayant droits l’autorisation de le diffuser en Polynésie française. C’est cette copie légèrement restaurée et sous-titrée en langue française que Cinematamua projettera au Grand Théâtre de la Maison de la Culture.

« En 1935, un jeune Américain, Dwight Long, quittait l’université de Seattle pour entreprendre un tour du monde en voilier et découvrait ainsi Tahiti et ses îles », écrit en février 2003 Alex W. Duprel dans le magazine Tahiti Pacifique N°142. Cet article intitulé « Découverte d’un film oublié : Tanga Tika » nous raconte l’histoire de ce film disparu puis retrouvé. Cinéaste et photographe pour l’US Army durant la seconde guerre mondiale, Dwight Long revient dans les Etablissements français de l’Océanie en 1948 avec la ferme intention d’y tourner un film.

Le tournage de Tanga Tika dure près d’un an, commençant fin 1948 pour s’achever l’année suivante. Toute la population participe au tournage, y compris le gouverneur Anziani et le maire de Papeete Alfred Poroi, chacun dans leur propre rôle.

Le film sort en salle en 1953 à Los Angeles, mais ne connait pas le succès faute d’un réel budget de promotion et d’un véritable distributeur. Tanga Tika sera tout de même distribué dans quelques grandes villes des Etats-Unis, notamment à New-York.

Tanga Tika met en scène Paul Moe (Timi) et Adeline Tetahaimaui (Nenu). Le jeune tahitien tombe amoureux de la jolie Nenu. Malheureusement, la maman de Nenu est fortement endettée chez le commerçant chinois Ah Fu (Roger Siou) et espère régler cette dette en laissant le fils de Ah Fu épouser Nenu contre son gré. Timi décide donc de rembourser la dette en participant aux nombreux concours du Tiurai 1949. Il en gagne un certain nombre de prix, mais cela ne suffit pas à éponger la dette. Il décide donc de s’embarquer pour une campagne de coprah…

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Renaissance des vielles bobines - Cinematamua 35

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L’ICA vient de fêter son 100ème dépôt volontaire. Ce sont plusieurs centaines d’heures d’images et de son qui ont été ainsi sauvés d’une destruction quasi inéluctable. La mission première de l’ICA est d'assurer dans les meilleures conditions la conservation à long terme de ces documents audiovisuels. La 35ème édition de Cinematamua en est une parfaite illustration, puisqu’elle est intégralement consacrée aux images tournées dans les années 50 à 70 par des cinéastes amateurs locaux ou de passage.

Cinematamua présentera des extraits des fonds Coeroli, De Chazeaux, Hiquily, Kugler, Manjard, Souky, et Teyssier.  Toutes ces images ont été filmées en 8mm et en 16mm par des amateurs éclairés, passionnés d’images, qui filmaient la vie de tous les jours, les fêtes et les grands événements de leur époque. L’ICA a télécinématographié ces films, les a remontés et étalonnés. Cinematamua proposera donc 20 films courts illustrés musicalement, des témoignages uniques sur les années 50 à 70 en Polynésie.

Au programme : L’accueil du navire « De Grasse » (1961), le Carnaval de Papeete (1962), la construction d’une pirogue à la tronçonneuse, le crash de l’hydravion O AGY, Tiurai à l’hôpital Vaiami (1967), le départ de Tahiti Nui (1956), la fabrication du tapa à Fatu Hiva (1965), le ma à Fatu Hiva (1965), le Général De Gaulle à Papeete et Pirae (1966), les jeux d’enfants devant le magasin Souky, Maurice Herzog à Tahiti (1966), Course de pirogues à voiles (1967), Rapa (1961), la cartographie de Mururoa (1961), les îles Gambier (1967), Tahiti beau paradis, Cross USEP à la Fautaua (1966), la visite du gouverneur Sicurani à Fatu Hiva (1965), Souky meneur de revue et Week-end à Tahiti.

Jean de Chazeaux

Jean De Chazeaux arrive à Tahiti en 1961 à bord de la Bayonnaise dont il est le commandant. Ce dragueur côtier vient remplacer le Lotus. Avec l'aviso-drageur La Capricieuse, il se voit confier des missions hydrographiques et géodésiques sur les futurs sites d’expérimentation nucléaire. Jean De Chazeaux filme en 16mm son séjour en Polynésie : l’arrivée du De Grasse dans le port de Papeete, la cartographie de Mururoa, le carnaval de 1962 et une visite de l’île de Rapa.

Souky

Souky a fait les beaux jours des boîtes de nuits de Tahiti dans les années 50/60. Musicien, peintre, photographe, Souky s’essaya également à la caméra. Les films ont été récemment retrouvés par ses enfants. Quelques uns ont pu être sauvés. Le premier film est un extrait de « Tahiti Beau Paradis », il raconte l’histoire d’un jeune Chinois qui arrive par bateau à Tahiti et y découvre une communauté bien organisée et accueillante. Suivent, « Week-end à Tahiti », « Souky meneur de revue », « des jeux d’enfants devant le magasin familial » et des prises de vues d’un petit hydravion qui s’est écrasé.

Coeroli

Il y a quelques années la famille Coeroli a apporté à l’ICA, une boîte remplie de vieux films 8mm. Il y avait beaucoup de souvenirs familiaux, mais également de nombreux reportages amateurs sur l’actualité du Fenua. Voici trois reportages parmi tant d’autres : le départ du radeau Tahiti Nui de Eric de Bisschop en 1956, la visite de Maurice Herzog, puis du Général de Gaulle en Polynésie en 1966.

Kugler

C’est en novembre 1965 que Laurent Kugler prend ses fonctions d’instituteur à Fatu Hiva aux îles Marquises. Armé d’une caméra 8mm, il y filme des scènes de la vie quotidienne, plus particulièrement à Omoa. Le premier document présente la fabrication des tapa et leur décoration. Le second film nous invite à découvrir la fabrication du ma. Enfin, Laurent Kugler filme la visite du gouverneur Sicurani.

Manjard

Dès le début, avant même que la télévision n’arrive à Tahiti, l’USEP filme ses manifestations, fête de la jeunesse, Lendit, visites ministérielles,… Le Monsieur « Cinéma » de l’USEP se nomme Jean Manjard, il filme les événements, les sonorise, il réalise des reportages avec René Maoni et les projette dans les îles lors de ses déplacements. En 1966, il filme au stade de la Fautaua une compétition de course à pieds.

Jacques Teyssier

Pendant trois années, le jeune médecin Jacques Teyssier va parcourir les îles les plus éloignées de la Polynésie en tant que médecin itinérant. Toujours accompagné de sa caméra 16mm, il filme ses voyages, ses amis et les manifestations auxquelles il participe : courses de pirogues à voiles dans la rade de Papeete, visite des îles Gambier en 1967, et les troupes de Madeleine Moua et Paulette Viénot  dansant dans l’enceinte de l’hôpital Vaiami.

Tara Hiquily

Tara Hiquily, chargé des collections océaniennes au Musée de Tahiti et des îles est un passionné de cinéma. Equipé de caméras Super 8mm et 16mm, il perpétue la tradition en filmant avec de la pellicule à une époque où la vidéo règne en maître. Il y a quelques années, Tara filmait la fabrication artisanale d’une pirogue. La tronçonneuse côtoyait la hachette, mais les gestes étaient précis, redoutablement efficaces.

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Pêches d'autrefois - Cinematamua 34

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Cinematamua s’intéresse à la pêche, aux différentes techniques de pêche qu’utilisaient nos grands-parents, à une époque où les thoniers à longues lignes n’existaient pas.

Pêche aux cailloux
En introduction, deux courts métrages sur la pêche aux cailloux. Le premier est un extrait des archives de John Martin, lequel filma une pêche aux cailloux à Maupiti en 1952. Interviewé dans l’émission « Hiro’a » en 2005, John Martin se souvient. Le second film est un court documentaire réalisé par Axel T. Lichtlé en 2000 à Maupiti, on y découvre l’une des dernières grandes pêches aux cailloux de l’île.

Pêche aux crabes

Pêche au varo

Pêche au poison

Pêche au harpon

Pêche au fusil sous-marin

Les séquences suivantes sont extraites du fonds Guilbert. Nombreux sont les films réalisés par Gaston Guilbert qui ont disparu aujourd’hui. Les images qui vont suivre sont extraites de bobines qui n’avaient jamais été montées, restées pendant des dizaines d’années dans leur boîte en carton. Le premier de ces documents est consacré à la pêche aux crabes à la presqu’île de Tahiti. Gaston Guilbert tourna de nombreux courts métrages sur la pêche, des films mis en scène, mais où les gestes des anciens demeurent quelques instants de vérité. Suivent d’autres films : la pêche aux varo, la pêche au ora, dite pêche au poison et une partie de pêche au harpon avec le film « Reef and lagoon ».

Après guerre, on pratique encore aux Tuamotu la chasse sous-marine au harpon. Nui le Paumutu était l’un des as de la discipline. Il descendait couramment à 30 mètres de profondeur sans autre accessoire qu’une paire de lunettes à monture de bois. Au harpon de bois durci au feu succédait le harpon en fer. Ce court métrage est extrait du Fonds Mottet.

Pêche au filet

La séquence suivante provient du film de Jean Masson « An happy life ». Il y montre une partie de pêche au filet aux abords de la Pointe Vénus. Pêche collective, pêche individuelle, le poisson se laisse prendre.

Techniques de pêches traditionnelles

Les deux films suivant ont été tournés au début des années 80. Ils sont extraits de la série « Techniques traditionnelles de pêche en Polynésie française ». Produite par Jean Michel Chazine pour le compte du CPSH et réalisé par Patrick Auzépy et Eric Conte, les épisodes que nous avons sélectionnés s’intitulent « Pêche sur le récif à Rurutu » et « Etudes de geste de pêches traditionnelles à Huahine. A l’origine muet, ces deux films ont été commentés ultérieurement par Eric Conte et Tony Turquem.

Pêche en bonitier

A peu près à la même époque, Alain Mottet filme une partie de pêche à la bonite mémorable. Ces images restées à l’état de rushes, ont été montées par l’ICA et illustrées musicalement. On y montre la préparation des cannes, la pêche au milieu d’une nuée d’oiseaux de mer et la vente au vieux marché de Papeete. Ces images sont extraites du Fonds Mottet.

Les chiens pêcheurs

Ce reportage signé Jacques Lefebvre est une coproduction ICA – Antenne 2. Tourné aux Tuamotu en 1986, ce film commenté par Allain Bougrain Dubourg nous emmène sur un atoll où les chiens s’en vont pêcher dans le lagon et ne reviennent que rarement bredouilles.

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Tourisme dans les années 50/60 - Cinematamua 33

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Les films de James Knott

En 1951, James Knott vient à Tahiti à bord de la goélette Vega. Il vient visiter des amis parmi lesquels William A. Robinson. Knott filme son arrivée dans le port de Papeete, les quais noirs de monde et l’accueil qui leur est réservé. Le second court métrage s’intéresse à un groupe de danse de Bora Bora avec la célèbre danseuse Germaine.

Ces deux films proviennent du Fonds Human Studies Film Archives.

Tahiti sans voile

Réalisé en 1961 par Henri Champetier, ce film se veut un moment de cinéma vérité, et promet de montrer Tahiti telle qu’elle est, plus belle et authentique, que ne la présente les films « d’aventures exotiques ». On découvre donc le Tahiti des années 60, ces paysages couverts de cocotiers, les montagnes abruptes qui se profilent à l'horizon, la réplique du "Bounty" sur lequel jouent quelques gamins, l'intérieur des terres, les églises traditionnels, les villages, les défilés d'écoliers et de scouts, les rivières où les enfants s'amusent, la statue de Pierre Loti...

Les visites achevées, on découvre Martine Carole barbotant dans le lagon et lors d’une fête traditionnelle avec H.G. Clouzot. Puis, Champetier nous invite à une fête traditionnelle polynésienne avec tambours et vahinés.

Ce film est extrait du Fonds Manjard-USEP.

Les métiers de l’hôtellerie, Emplois d’avenir pour les jeunes Polynésiens 

Ce film a été produit par l’Office de développement du Tourisme de Polynésie française en 1967. Intitulé « Les métiers de l’hôtellerie, Emplois d’avenir pour les jeunes Polynésiens », ce film dresse un portrait du tourisme naissant à Tahiti et les perspectives de développement de ce secteur avec notamment les projets de construction du Maeva Beach (actuel Sofitel), de l’hôtel du Tahara’a et du lycée hôtelier du Taaone. Le film s’intéresse ensuite au parcours de Terii, jeune sans emploi, qui va suivre une formation au Centre d’Apprentissage hôtelier. Ce film provient du Fonds GIE Tahiti Tourisme.

Discover the Pacific with Air New Zealand

Ce film présente de nombreuses prises de vue de Tahiti et Moorea, les danses du Tiurai, les courses de pirogues. Cette carte postale vivante était vendue aux touristes sous la forme de films 8mm. Ce film provient du Fonds Chavannes. L’illustration musicale de ce film muet a été réalisée par l’ICA avec des chansons interprétées par Mila et Loma (Tahiti Records – Editions Manuiti) et les « Percussions de Bora Bora » (Tiare Tahiti records).

Posté par Marc E Louvat à 16:31 - Reportage - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tabu - Cinematamua 32

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"Tabu" est le fruit d'une collaboration entre le documentariste Robert Flaherty et le metteur en scène Friedrich W. Murnau. Leurs conceptions étaient diamétralement opposées. Robert Flaherty qui avait pris le temps de découvrir l'île et de rencontrer ses habitants avait écrit un scénario à la gloire de la vie traditionnelle, tout en dénonçant la corruption apportée par la civilisation. Murnau, lui, voulait se servir de la beauté de l'île et des indigènes comme d'un décor exotique pour raconter une histoire romanesque. Murnau, qui était aussi le producteur du film, put imposer son point de vue et Flaherty refusa d'être crédité comme réalisateur.

L'île de Bora-Bora, aux Iles Sous-le-Vent est un peu le paradis sur terre. La nature y est généreuse et ses habitants y vivent heureux et insouciants. Reri et Matahi s'aiment. Un jour, le vieux Hitu, apportent un message, Reri a été choisie par le chef de Fanuma pour devenir la nouvelle vierge sacrée. Dès lors, Reri est tabu. « Aucune loi des dieux n’est plus sacrée que celle qui protège l’élue. Aucun homme ne peut la toucher ou la désirer du regard pour son honneur et celui de son peuple. Alors que le village se réjouit de cet honneur, les amants sont désespérés. Matahi et Reri décident de s’enfuir…

Il aura fallu à l’ICA plus de 3 ans pour obtenir les droits d’édition du film. L’aventure commence en 2003, lorsque Eric Bourgeois, directeur de l’ICA achète sur Internet la version américaine du film en DVD. Le film vient d’être restauré par UCLA Film and Television Archives. Rapidement, l’ICA prend contact avec l’éditeur « Milestone Film & Video »et lui demande l’acquisition des droits pour la Polynésie française. Mais UCLA ne possède les droits que pour les USA, il convient donc de prendre contact avec les ayant droits. Après de nombreux échanges de courriels avec Dennis Doros de Milestone, Marc E. Louvat, responsable des fonds audiovisuels au sein de l’ICA, obtient l’adresse de Eva Diekmann et Ursula Plumpe, les nièces du réalisateur producteur. Il leur écrit et demande les droits d’exploitation DVD de l’œuvre de leur grand oncle. Pas de réponse. Quelques semaines passent et l’ICA reçoit une lettre de Eva Diekmann postée de Esslingen-Zell en Allemagne. Elle écrit d’une main tremblante de prendre contact avec son avoué, Wolfgang Moehlenbrink. Ce dernier s’occupe des affaires de la famille, et notamment de la succession de Murnau. Dès lors, l’ICA pense avoir trouvé le bon interlocuteur. En fait, il n’en est rien, tous les films de Murnau sont bloqués. Afin de protéger ce patrimoine, les descendants du réalisateur allemand ont décidé de créer la Fondation F.W. Murnau à Munich. Celle-ci fait appel à un distributeur qui gère les droits audiovisuels des œuvres cinématographiques. Il faut encore attendre presque une année. Enfin, la fondation nous donne son accord et les premiers contacts sont pris avec Transit Films, qui cède à l’ICA pour 5 ans les droits d’édition DVD du film.

Le film est remonté par l’ICA qui change tous les cartons originalement en langue anglaise par des cartons en reo tahiti. L’adaptation en tahitien est réalisée par Guillaume Taimana du Service de la traduction et de l’interprétariat.

Des sous-titrages en français et anglais sont également disponibles.

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Gilles Arthur et les Big Nambas - Cinematamua 31

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Cinematamua rend hommage à Gilles Artur, connu du grand public comme ayant été pendant plus de 30 années le conservateur du Musée Gauguin de Papeari. En 1953, jeune journaliste en Nouvelle Calédonie, Gilles Artur se rend sur l’île de Mallicolo aux Nouvelles-Hébrides avec le peintre Michel Lablais. Bloqués sur les hauts plateaux pour cause de guerre tribale, les deux hommes restent deux longs mois dans le village de Amok. Equipés d’une caméra Pathé-Webo 16mm, ils filment la vie des « Big-nambas », assistent aux cérémonies traditionnelles de Namaki, à la construction des huttes, à la naissance des enfants, à la vie simple d’une peuplade bien peu touchée par la civilisation occidentale. Les villageois mâles portent un étui pénien en fibre de pandanus tressé et teint, accroché à une ceinture en écorce de cocotier. La dimension inaccoutumée de cet étui est à l’origine du nom de cette population « Big-nambas ». Dans ce film on découvre la fabrication des nattes et coiffures de pandanus pour les femmes, la construction de la toiture d’un namel, la fabrication des teintures, la cueillette, la préparation d’un lap-lap (repas), la consommation du kawa et de nombreuses cérémonies et danses coutumières. De ces images, il naîtra en 1954 un film « Les hommes d’Amok » signé par Gilles Artur, Michel Lablais & Frédéric Drilhon.

26 années plus tard, Gilles Artur retourne aux Nouvelles Hébrides devenues Vanuatu, chez les « Big-nambas » avec une équipe australienne : David Knaus (caméra), Annie Cocksedge (son). Ils réaliseront avec le monteur Stephen Burstow « Namaki », film distribué à l’époque par l’Australian Film & TV School. Ce film nous montre le retour de Gilles Artur dans cette tribu, 26 ans après son premier séjour. Que sont-ils devenus ? Gilles Artur assiste de nouveau aux cérémonies du Namaki, qui vont durer 4 jours. Les enfants sont devenus grands, le chef Nissaï est mort, l’un de ses 30 fils est devenu Chef…

Posté par Marc E Louvat à 16:21 - Documentaire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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